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de Zaki Une expérience
inoubliable!
Du 2 au 18
juillet 2008, au nom de l’unité du scoutisme musulman "les
Fourmis", j’ai eu le privilège de partir au Liban
avec le groupe Droit au Retour. Nous y avons été confrontés
avec la triste réalité du camp de réfugiés
Palestiniens de Nahr el Bared.
En 2006,
tout ce camp fut détruit par les affrontements entre l’armée
libanaise et un groupuscule "islamique". Avec l’aide
de 7 autres jeunes Belges et Wahiba Yachou, une autre ambassadrice des
Fourmis, nous avons aidé à la reconstruction de l’unique
clinique dans ce camp dévasté.
Avant notre
visite, cette infrastructure médicale existait déjà
mais dans un endroit qui n’était pas adapté aux
besoins des diverses activités. Dans un garage loué, la
consultation médicale accueillait quotidiennement jusqu'à
80 personnes car les conditions de vie dans le camp de Nahr el Bared
sont éprouvantes et l’hygiène laisse franchement
à désirer. C’est vous dire l’importance de
la clinique!
Sous un soleil
de 30° à 40° nous avons travaillé pendant une
semaine entière, de 8h à 17h.
Aux côtés de jeunes Palestiniens, l’équipe
d’étudiants Belges trimait dur comme fer! Nous qui sommes
habitués au stylo et à la feuille blanche, nous avons
remplacé nos outils d’étudiants par des pioches
et des pelles!
Encadrés par des professionnels du bâtiment palestiniens,
nous avons dégagé des tonnes de débris de brique,
concassé des kilos de gravats, égalisé le sol,
fait couler des brouettes de béton, bâti des murs et aménagé
les nouveaux lieux.
J’avoue que, pour moi qui suis asthmatique, ce travail était
très éprouvant.
Mais la joie et la bonne humeur étaient au rendez-vous! C’est
dans ces moments là que des sentiments de fraternité et
de solidarité sont nés entre moi et tout le groupe.



Lors de nos
discussions entre jeunes Palestiniens et Belges, nous avons pu constater
avec regret que la condition de ce peuple, depuis longtemps opprimé,
n’est pas prête de changer. Les habitations sont toutes
détruites, les gens vivent dans des conteneurs préfabriqués,
dans des garages ou mêmes dans des ruines instables. La majorité
des habitants du camp ont peu ou pas de revenu. La scolarité
des enfants est parfois inexistante ou très pénible à
atteindre.
L’UNRWA
fait son possible pour inciter les réfugiés qui ont fui
le camp durant les affrontements à revenir vivre au sein de ce
qui étaient leurs lieux de vie. Cette agence des Nations Unies,
qui se consacre exclusivement aux réfugiés Palestiniens,
y contribue soit en prenant en charge le loyer de certains habitants,
soit en proposant des logements dans ces fameuses maisons préfabriquées.
Actuellement, il y a plus de 2000 personnes qui y vivent collés
les unes aux autres, sans intimité ni espace de vie.
Afin de partager notre espoir, nous avons décidé de repeindre
les façades d'une rue entière! Pas n’importe laquelle,
la rue choisie a une forte valeur symbolique. En effet, cette rue a
été la première que les réfugiés
ont investie après leur retour au camp. Nous l’avons repeinte
entièrement en orange et pistache. Cela a donné un sentiment
d’unité dans la rue. Par ce geste, nous avons pu montrer
aux autres réfugiés que Nahr el Bared était toujours
aussi beau et attrayant.



Chaque soir,
nous avons eu l’opportunité de visiter certaines familles
vivant dans ces "prefabricated houses". Après 5 min,
j’avais l’impression d’étouffer! Il y fait
une chaleur atroce et nous avons rencontré beaucoup d’enfants
malades. Les habitants de ces maisons de métal y vivent écrasés
comme des sardines dans une conserve. Pour moi, on ne peut pas parler
de vie, uniquement de survie!
Me voici
de retour en Belgique, et de ce voyage, je garde des sentiments mitigés!
J’ai vu un camp de réfugiés dévasté
par la folie humaine toujours prête à se faire justice
comme bon lui semble sans aucune impunité. J’ai vu un camp
qui offre comme paysage un tas de ruines arrosées par les obus
et les douilles de l’armée libanaise. J’ai été
témoin d’une situation de vie déplorable qui, hélas,
n’est pas prête de changer dans les années à
venir.
Mais, j’ai aussi constaté qu’il existe d'énormes
possibilités d’action pour toutes personnes prêtes
à s’engager dans la lutte pour la dignité humaine.
J’ai appris à connaître un peuple dans le camp de
Nahr el Bared qui force le respect par sa dignité et son courage.
J’ai rencontré des êtres humains qui vivent dans
des situations les plus déplorables mais qui restent plein d’espoir
et gardent leur joie de vivre.
Je termine
en remerciant mes amis An et Jo, je tiens à les féliciter
pour leur combat et les efforts qu’ils fournissent pour la cause
Palestinienne.
J’encourage et remercie également le groupe d’étudiants
Belges qui a sacrifié ses vacances d’été
pour aller travailler bénévolement dans le camp de Nahr
el Bared.
Je remercie tous les Palestiniens du camp de Nahr el Bared pour tout
ce qu’ils nous ont apporté et appris, pour leur accueil
chaleureux, pour leur sourire ainsi que leur leçon de solidarité
et d'humilité.
Finalement, au nom des "Fourmis", je tiens à remercier
particulièrement tous les donateurs qui ont gracieusement contribué
à la réalisation de ce projet.
Mais le combat
n’est pas fini…
Zaki Chairi
Animateur de l’unité de scoutisme musulman
"Les Fourmis"
18/08/2008