La
persécution des réfugiés palestiniens au Liban
Au
bout de 60 ans d’exil, on persiste à priver systématiquement, de
façon explicite, les Palestiniens qui vivent au Liban de leurs droits
et libertés civils, politiques, économiques, sociaux et culturels.
Le
droit au retour
Les Palestiniens ont été forcés de fuir leur maison ou leurs
terres au moment de la création d’Israël en 1948, et à nouveau quand
Israël a occupé la Cisjordanie et la bande de Gaza en 1967. Nombre
d’entre eux ont trouvé refuge au Liban, où ils vivent encore avec
leurs descendants. Aujourd’hui, environ 400 000 réfugiés
palestiniens vivent au Liban, et la majorité d’entre eux résident
dans des camps de réfugiés qui relèvent de l’Office de secours et
des travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).
Le droit au retour
des Palestiniens est clairement reconnu et admis en droit international.
Toutefois, plus de cinquante ans ont passé depuis le début de l’exil
des Palestiniens, et leur droit au retour ne s’est encore jamais
concrétisé.
Au cours des 56 dernières années, les réfugiés palestiniens au Liban ont
vécu dans des camps où les conditions de vie sont atroces. Israël
continue de nier leur droit au retour dans la maison qu’ils ont
dû fuir en 1948, en violation directe des instruments juridiques
internationaux énumérés ci-dessous :
·
La résolution
194 de l’assemblée générale de l’ONU, réitérée plus de 110 fois
par l’assemblée générale des Nations Unies depuis 1948
·
La résolution
3236 et 52/62 de l’assemblée générale de l’ONU
·
La Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme
·
Le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques
·
La Convention
internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
raciale
·
La quatrième
Convention de Genève
Le déni de ce droit individuel et inaliénable a obligé les Palestiniens
apatrides à mener une vie de misère dans les camps de réfugiés disséminés
dans les pays voisins.
Violations
des conventions internationales sur les droits de la personne
On reconnaît que le traitement des réfugiés palestiniens au Liban viole
tout un ensemble de droits fondamentaux de la personne. Amnistie
internationale
signalait en 2003 que le traitement réservé aux Palestiniens apatrides
au Liban constituait une violation :
·
du Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
·
de la Convention
internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
raciale
·
de la Convention
relative aux droits de l'enfant
·
du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques
·
de la Convention
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes
·
de la Convention
contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants.
La Canada a ratifié ces ententes, ou y a adhéré.
Discrimination
systématique
- Les
Palestiniens vivant au Liban sont confrontés à une discrimination
systématique qui menace leur capacité à disposer des éléments
essentiels pour mener une vie saine et sans dangers. Certaines
observations d’Amnistie Internationale ne laissent aucune place
au doute :
La discrimination qui s’exerce contre les Palestiniens quant à leur
droit de posséder et d’hériter de biens, ou de travailler, crée
un contexte qui empêche les réfugiés palestiniens de bénéficier
d'un niveau de vie décent. […] Les conditions de vie des réfugiés
palestiniens, notamment la difficulté d’obtenir un logement convenable,
de la nourriture et des vêtements, engendrent une situation qui
les empêche d’exercer leur droit à un niveau de vie décent.
[Traduction non officielle]
- Les
communautés de réfugiés palestiniens se concentrent pour la plupart
en Jordanie, au Liban et en Syrie. Les réfugiés vivant au Liban
sont sans doute ceux qui souffrent le plus. Dans leur cas, la
douleur causée par la perte de leur maison et des décennies d'exil
dans un pays étranger est aggravée par une politique de discrimination
systématique dirigée contre eux.
- Le
Liban a une population peu nombreuse issue de groupes ethniques
et religieux diversifiés. Ce pays a connu une longue guerre civile
et a été secoué par de graves tensions entre les groupes de religions
différentes, tensions inextricablement liées à la présence des
Palestiniens. Certains affirment que la participation de factions
palestiniennes à la guerre civile constitue l’une des principales
raisons qui expliquent la discrimination qui s’exerce contre les
Palestiniens au Liban. Cette explication ne justifie pas la discrimination
systématique dont ce groupe est victime, ni la violation de ses
droits humains fondamentaux.
Le
droit à l’emploi et la pauvreté extrême
- Les
Palestiniens du Liban sont victimes d’une discrimination de
droit et de fait par rapport à d’autres non-citoyens,
en ce qui a trait au droit au travail et au droit à la sécurité
sociale.
- Le gouvernement
libanais applique une politique de réciprocité de traitement quand
il s’agit d’accorder des permis de travail; il permet à des citoyens
étrangers de travailler sur son territoire dans la mesure où le
pays d’origine de ces personnes accorde ce même droit aux citoyens
libanais. Les Palestiniens sont particulièrement désavantagés
par rapport aux ressortissants d’autres pays étant donné qu’ils
ne possèdent la citoyenneté d’aucun pays susceptible d’accorder
aux Libanais un traitement réciproque.
- Les
Palestiniens sont confrontés à de graves restrictions liées à
l’accès à l’emploi et à la possibilité de gagner leur vie grâce
au travail. Ils sont exclus de nombreuses professions en vertu
de la loi. Par exemple, ils ne peuvent pas exercer le droit ou
la médecine, ni le métier de pharmacien ou de journaliste, car
on exige pour cela la nationalité libanaise ou l’existence d’un
accord de réciprocité avec le pays du ressortissant étranger désireux
d’exercer l’une de ces professions.
- Un
décret ministériel émis le 15 décembre 1995 énumère les métiers
et professions réservées aux citoyens libanais; cette liste, qui
n’est pas exhaustive, comprend des douzaines de métiers et de
professions réservés aux employés et aux employeurs libanais.
- Les lois libanaises
(la résolution 621/1, le décret 6812 de 1995, et le décret 17561
de 1964) interdisent clairement aux étrangers d’exercer plus
de 70 professions au Liban. Un pour cent seulement
des Palestiniens qui vivent au Liban parviennent à obtenir le
permis de travail obligatoire exigé par le gouvernement libanais
pour occuper un emploi régulier.
- Ainsi, la majorité
des Palestiniens sont obligés de travailler illégalement, comme
employés non qualifiés, la plupart du temps comme manœuvres à
la journée, de façon irrégulière – ou alors, ils vivent d’expédients
à l’intérieur des camps. Le revenu moyen par personne (44 $) correspond
au quart du salaire minimum d’un citoyen libanais (161 $).
- Selon l’UNRWA,
environ 60 % des Palestiniens du Liban vivent sous le seuil
de la pauvreté. D’autres études indiquent que ce chiffre atteint
80 %, et que 56 % des Palestiniens vivent dans une pauvreté
extrême.
- Très peu de
Palestiniens ont obtenu un permis de travail, et ceux qui trouvent
du travail sont souvent confinés à des emplois non qualifiés.
Le revenu des Palestiniens continue de chuter. La loi interdit
aux Palestiniens d’exercer 72 professions.
- Selon
l’UNRWA, les centaines de milliers de réfugiés palestiniens au
Liban connaissent le taux de misère excessive le plus élevé de
toutes les communautés de Palestiniens qui dépendent de cet organisme.
- Au Comité populaire,
un comité administratif qui représente différents groupes politiques
du camp d'Ayn al-Hilwah, le plus gros camp de réfugiés palestiniens,
on affirme que le taux de chômage atteint 80 %. On attribue
cette situation principalement aux lois discriminatoires dirigées
contre les réfugiés palestiniens par rapport à leur capacité de
trouver du travail.
Droit
à un logement convenable et droit à la propriété
·
Les Palestiniens du Liban sont, de droit
et de fait, victimes de discrimination en ce qui a trait au droit
d’hériter des biens, comparativement à d’autres personnes qui ne
jouissent pas de la citoyenneté libanaise.
·
Les Palestiniens du Liban ne peuvent pas
reconstruire ou restructurer les camps de réfugiés en raison des
limites imposées par le gouvernement.
·
Des modifications récentes à la loi, adoptées par le
Parlement, sur le droit de propriété par les étrangers, ont encore
haussé le niveau d’exclusion des Palestiniens en retirant le droit
de propriété à quiconque ne possède pas la citoyenneté d’un pays
reconnu. Bien qu’on ne fasse pas, dans ce cas, directement référence
aux Palestiniens, c’est très clairement eux que l’on vise. De plus,
les Palestiniens qui possèdent déjà une propriété ne pourront pas
la léguer à leurs enfants.
·
Les réfugiés palestiniens ne disposent d'aucun droit
de propriété dans le pays. Les Palestiniens ne peuvent plus acheter
leur maison, et ceux qui étaient déjà propriétaires avant 2001 n’auront
plus le droit de léguer leur bien par héritage à leurs enfants.
·
La loi ne
vise pas explicitement les réfugiés palestiniens, mais interdit
aux personnes « ne possédant pas la nationalité d’un État reconnu »
l’accès à la propriété, et dans la pratique, seul les Palestiniens
sont touchés.
·
Le nombre
de Palestiniens qui vivent au Liban a triplé, en raison de la croissance
démographique et du retour des Palestiniens des États du golfe Persique
(en particulier du Koweït, en raison de la guerre du Golfe). Compte
tenu du chômage et des restrictions de l’emploi, la plupart des
Palestiniens n’ont pas d’autre choix que de vivre dans des zones
très densément peuplées, par exemple les camps de réfugiés.
·
L’ouverture
de nouveaux camps est interdite depuis la guerre de 1975-1976, durant
laquelle trois camps situés dans les régions sous le contrôle des
forces libanaises ont été envahis; les frontières actuelles des
camps ne peuvent pas être étendues; la construction d’immeubles
à l’intérieur de la plupart des camps est soumise à des restrictions;
et on interdit la réparation de structures endommagées ou la construction
de nouvelles structures dans tous les camps du Sud Liban depuis
1991.
·
La plupart
des réfugiés palestiniens vivent dans des camps surpeuplés ayant
subi à répétition de lourds dommages en raison des combats durant
la guerre civile, au moment de l’invasion du Liban par Israël, et
à cause des incessantes « guerres de clans » à l’intérieur
des camps. En général, le gouvernement interdit la construction
de structures permanentes dans les camps, en invoquant qu’on renforcerait
ainsi la perception selon laquelle les installations pour les réfugiés
dans le pays sont permanentes.
| Khaled
Abu Hamid, un jeune de dix-sept ans, a été blessé par balle
aux membres inférieurs tandis qu’il était debout sur le tertre
qui entoure le camp d’El Buss (près de Tyr) le 1er
juillet 2002. Des membres des forces de sécurité libanaises
avaient ouvert le feu en pourchassant un jeune réfugié palestinien
qui tentait de faire entrer « illégalement » sur
sa motocyclette des matériaux de construction dans le camp
d’El Buss. Un chargement de matériaux de construction sur
une motocyclette devient une cible pour les forces de sécurité,
et le conducteur de la moto, un « contrebandier »
susceptible d’être poursuivi en justice (y compris devant
un tribunal militaire) ou pire, d’être la cible d’armes à
feu utilisées “légitimement” si cette personne tente de contourner
les points de contrôle libanais. »
[Traduction non officielle]
|
·
L’espace
à l’intérieur du camp est insuffisant, et les conditions de vie
– le manque d’électricité, la surpopulation, l’eau polluée, les
fuites d’égout – constituent un danger pour la santé de ses habitants.
·
Certains
projets de construction publique représentent une menace pour plusieurs
camps, que l’on pourrait décider de démolir partiellement ou entièrement.
·
Le Département
des Affaires palestiniennes au Liban reconnaît que près de 200 000
réfugiés palestiniens vivent dans les camps conçus pour en recevoir
50 000.
Liberté
d’expression et droits politiques
- La liberté
d’expression est restreinte par la présence des forces de sécurité
libanaises et de l’armée syrienne qui contrôlent les entrées
et les sorties de la plupart des camps. De nombreux Palestiniens
ont été arrêtés et transférés dans des prisons au Liban ou en
Syrie.
- Par crainte
de représailles, les Palestiniens n’osent pas exprimer leurs opinions,
non seulement en raison des contrôles des forces de sécurité syriennes
et libanaises, mais à cause également des rivalités entre factions
politiques rivales au sein de ces mêmes camps.
- Les réfugiés
palestiniens ne jouissent pas de droits politiques. On estime
que dix-sept factions palestiniennes opèrent au Liban, et elles
gravitent en général autour de personnalités connues. La plupart
des Palestiniens vivent dans des camps de réfugiés contrôlés par
une ou plusieurs factions. Les leaders des réfugiés ne sont pas
élus par la population, et il n’existe pas d’institutions structurées
démocratiquement dans les camps.
- Les forces
de sécurité du pays, les forces syriennes et les factions rivales
palestiniennes ont arrêté, détenu et harcelé des réfugiés palestiniens.
Par exemple, les réfugiés palestiniens vivant dans les camps n’ont
pas le droit d’introduire des matériaux de construction dans le
camp pour réparer les habitations endommagées. Les services de
sécurité libanais en profitent pour recruter des informateurs
et acheter leur collaboration.
- Certains
groupes de Palestiniens dans les camps de réfugiés imposent aux
autres Palestiniens un système de justice séparé, parallèle et
arbitraire.
Les membres de différents groupes de Palestiniens qui contrôlent
les camps ont séquestré et torturé les membres de groupes rivaux.
- Dans le camp
palestinien d’Ayn al Hilweh, l’assassinat des opposants survient
plus fréquemment que leur arrestation.
- De nombreuses
factions politiques armées rivalisent entre elles pour le contrôle
des camps, et les luttes entre factions font partie du quotidien
dans certains camps.
Liberté
d’association
- En vertu de
la loi libanaise, toutes les associations et ONG doivent être
enregistrées au nom de citoyens libanais, de sorte que les Palestiniens
n’ont pas le droit de se regrouper pour former des associations,
sauf par l’entremise d’un citoyen libanais.
- Si les autorités
découvrent qu’une association n’est pas libanaise, celle-ci doit
cesser leurs activités.
Liberté
de mouvement
- Les personnes
qui s’apprêtent à entrer ou à sortir des camps peuvent être soumises
à des contrôles d’identité par l’armée libanaise ou syrienne.
- Le 22 septembre
1995, les autorités libanaises ont interdit aux Palestiniens (dont
beaucoup travaillaient dans les États du Golfe) qui résidaient
à l’extérieur du Liban de revenir au pays sans un visa de retour;
au même moment, leur ambassade refusait d’émettre des documents
de voyage sans avoir obtenu l’autorisation préalable du ministre
de l’Intérieur. En raison des restrictions, bien des Palestiniens
travaillant dans les États du Golfe, et qui ont été expulsés de
ces pays après la guerre du Golfe, n’ont été admis ni dans l’un
ni dans l’autre de ces pays. De nombreux autres Palestiniens n’ont
pas voulu prendre le risque de quitter le Liban de peur de ne
pas obtenir l’autorisation de revenir voir leur famille.
- En 1999, le
gouvernement libanais annulait toutefois l'exigence relative au
visa d'entrée et de sortie. Cependant, la majorité des Palestiniens
étant touchés par la guerre du Golfe, ils se sont vus obligés
de chercher asile ailleurs.
- Les Palestiniens
n’ont pas le droit de vivre à proximité des frontières; ils ne
peuvent se rendre dans ces régions qu’après en avoir obtenu l’autorisation
préalable.
- Il peut être
facile de confondre certains camps de réfugiés palestiniens dans
le Sud du Liban avec des zones militaires. Ces camps sont isolés
du monde extérieur par des clôtures et gardés par des soldats
libanais qui en contrôlent les entrées et les sorties.
Droit
à l’éducation
- Bien que les
Palestiniens disposent du même droit à l'éducation que les Libanais,
les écoles et les universités libanaises donnent la priorité aux
Libanais. De plus, la plupart des Palestiniens n’ont pas les moyens
de fréquenter des écoles privées. Selon le département des Affaires
palestiniennes, environ 20 % des réfugiés palestiniens ont
accès au système d’éducation libanais.
- L’UNRWA fournit
des services éducatifs dans 75 écoles (70 écoles primaires et
cinq écoles secondaires). L’enseignement que procure l’UNRWA est
gratuit, et environ 39 000 élèves fréquentent ces écoles.
Quarante-deux pour cent des écoles de l’UNRWA ont été construites
dans les années 50 et 60, si bien qu’aujourd’hui, elles sont en
très mauvais état. De plus, le nombre d’écoles n’est pas suffisant
étant donné la croissance de la population, de sorte qu’on doit
recourir à un système d’alternance : on fait la classe à un groupe
le matin et à un autre groupe l’après-midi. Environ 40 élèves
s’entassent dans des classes exiguës.
- Comme les classes
sont surchargées, les élèves sont automatiquement acceptés au
niveau secondaire pour faire place aux nouveaux. Les taux d’échec
est d’environ 40 à 50 %, ce qui indique également que le
niveau d’enseignement est faible étant donné que le salaire des
enseignants est extrêmement bas et que les heures de travail sont
longues.
- En raison de
la misère et des mauvaises conditions de vie, bien des jeunes
abandonnent l’école pour travailler illégalement afin d’assurer
un revenu suffisant pour leur famille. D’autres font usage de
drogues, s’adonnent au crime ou adhèrent aux factions policito-religieuses
pour gagner de l'argent.
- On a rapporté
que des enfants palestiniens ont été forcés de quitter l’école
très jeunes pour gagner de l’argent. L’ONU a estimé qu’environ
18 % des enfants de la rue au Liban étaient palestiniens.
Droit
aux soins de santé
- Au Liban, les
hôpitaux publics ne suffisant pas à la tâche, la population a
majoritairement recours aux hôpitaux privés qui coûtent trop cher
pour la plupart des Palestiniens. L’UNRWA fournit des services
médicaux dans 24 hôpitaux généraux privés, et dans un centre de
maternité et de services de garde. On n’offre des services de
base que dans les secteurs de la maternité, des services de garde,
de la planification familiale et du contrôle des maladies infectieuses
et non infectieuses.
- En raison du
niveau très élevé de la demande, les médecins de l'UNRWA doivent
parfois donner entre 150 et 200 consultations par jour, et par
conséquent, la qualité des services en souffre.
- L’UNRWA peut
à peine combler les besoins de base de la population palestinienne;
le remboursement partiel (25 %) du coût du traitement en
milieu hospitalier répond en partie au problème, mais ce mécanisme
a engendré des cas où les Palestiniens ne pouvaient plus quitter
l’hôpital parce qu’ils étaient incapables de défrayer le coût
du séjour.
- En raison de
l’accroissement de la population et de la baisse du financement
disponible, l'UNRWA a dû restreindre ses services, notamment en
suspendant le versement de subventions pour certains traitements
d’urgence et pour le personnel médical, et en réduisant l’équipement
médical et l’entretien.
Droit
à la sécurité sociale
- Les
Palestiniens du Liban sont victimes d’une discrimination de
droit et de fait par rapport à d’autres non-citoyens,
en ce qui a trait au droit au travail et au droit à la sécurité
sociale.
- Selon la loi
libanaise sur la sécurité sociale (26/09/63) relative aux étrangers,
seuls ceux qui sont munis d’un permis de travail et qui sont originaires
d’un pays qui applique le principe de réciprocité peuvent demander
une protection en vertu de la sécurité sociale. Il en résulte
que les travailleurs palestiniens sont exclus, même lorsqu’ils
détiennent un permis de travail, car ils sont apatrides et ne
peuvent pas invoquer le principe de réciprocité.
Pénurie
de financement à l’UNRWA
- L’Office
de secours et des travaux des Nations Unis pour les réfugiés (UNRWA),
Amnistie internationale et l’Organisation palestinienne des droits
de l’homme ont reconnu qu’en raison de cette discrimination systématique,
les réfugiés palestiniens du Liban sont presque entièrement dépendants
de l’UNRWA pour les services de base.
- Toutefois,
l’UNRWA est dans l’incapacité de fournir ces services, à cause
de contraintes budgétaires. Dans son rapport de 2003 devant l’Assemblée
générale de l’ONU, l’UNRWA décrit brièvement la situation :
209.
La demande d’aide alimentaire et d’argent pour se procurer des vivres a
continué de croître, tandis que les restrictions d’ordre juridique
à l’embauche des réfugiés palestiniens sont demeurées en vigueur
et que les conditions socio-économiques des réfugiés ont limité
les occasions pour ceux-ci de gagner leur vie.
[Traduction non officielle]
- Depuis
1994, l’UNRWA se heurte à de graves compressions budgétaires qui
nuisent à la qualité et à l’étendue des services que procure l’organisme.
Apatridie
: aucune protection des Nations Unies
ou autre forme de protection
- Les
réfugiés palestiniens sont les seuls au monde qui relèvent
du mandat de l’Office de secours et des travaux des Nations Unis
pour les réfugiés (UNRWA) et qui, par conséquent, ne sont pas
protégés par le Haut commissariat des Nations Unis pour les réfugiés
(HCR) dans le pays hôte. Bien des gens ne saisissent pas les
conséquences de cette réalité. Les réfugiés palestiniens
sont ainsi marginalisés, sans recours possible à quelque forme
de protection que ce soit.
- Depuis
plus de 50 ans, les réfugiés palestiniens sont exclus du système
international pour la protection des réfugiés.
- Le
manque d’aide adéquate ne représente qu’un des aspects de l’échec
de la communauté internationale envers les réfugiés palestiniens
qui relèvent de l’UNRWA. Contrairement aux autres réfugiés, ceux-ci
ne sont pas protégés par la Convention de 1951 relative au statut
des réfugiés, ou par le Haut Commissariat des Nations Unies pour
les réfugiés (HCR). Ni la Convention de 1951 ni le Statut du HCR
n’accordent aux Palestiniens une protection internationale. Ironie
du sort, tout comme la loi libanaise nie aux réfugiés palestiniens
le droit de propriété au Liban, la Convention et le Statut n’excluent
pas directement les réfugiés palestiniens, mais ils excluent tous
ceux qui reçoivent de l’aide d’autres organismes de l’ONU. Là
encore, les réfugiés palestiniens se retrouvent isolés.
- Ainsi,
en raison de leur situation unique, les réfugiés palestiniens
du Liban se voient privés de tous les moyens disponibles d’exercer
leurs droits fondamentaux :
La situation exceptionnelle des Palestiniens
apatrides et leur dispersion ont des répercussions dans toutes les
sphères d’activités politiques, économiques, sociales et humanitaires.
Le mandat de l’UNRWA n’accorde pas de protection aux réfugiés palestiniens,
qui ne peuvent pas non plus obtenir de l’aide du HCR, car il est
précisé dans le mandat de l’organisme qu’ils n’ont pas droit à cette
protection. Cela est particulièrement aberrant, non seulement pour
les réfugiés qui vivent sous occupation israélienne en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza, mais également pour les réfugiés palestiniens
qui vivent temporairement dans différents pays, surtout au Liban,
en Syrie et en Jordanie (1). Ainsi, les activités de l’UNRWA dans
ces pays, le statut juridique et les droits de ces réfugiés sont
soumis aux politiques du pays hôte, sans recours possible aux ententes
internationales qui définissent les droits des réfugiés.
[Traduction non officielle]
Aucune
amélioration en vue
- La discrimination
cruelle qui découle des politiques du gouvernement libanais et
l’incapacité de l’UNRWA à remplir son mandat ont réduit les réfugiés
palestiniens à vivre dans la pauvreté la plus extrême, dans l’isolement
et la persécution.
- Et il ne semble
pas que cette situation déplorable puisse s’améliorer dans un
avenir prévisible. Sherifa Sherfie constatait que tout récemment…
[…]
Le 18 avril 2003, durant une réunion du nouveau gouvernement libanais,
le président Lahoud soulignait que les autorités libanaises continueraient
d’insister pour qu’Israël se conforme au droit au retour des réfugiés
palestiniens, et que le gouvernement rejetait tout projet d’établissement
permanent des Palestiniens au Liban (tawteen)... À l'heure
actuelle, la constitution libanaise interdit l’établissement permanent
des réfugiés palestiniens (tawteen) au Liban.
[Traduction non officielle]
Cette attitude reflète la position du gouvernement libanais selon laquelle
le Liban ne peut pas, et par conséquent ne prévoit pas, faciliter
l’établissement des réfugiés palestiniens sur son territoire.
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